TRIBUNE – PARTIE 2 DU SÉNATEUR JEAN BAMANISA SAÏDI : RDC, des défis de l’État à l’urgence d’une transformation profonde de la gouvernance pour reconstruire l’avenir national

Kinshasa – Dans la deuxième partie de sa tribune consacrée aux enjeux majeurs de la République démocratique du Congo, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi poursuit son analyse sur les défis qui freinent le développement du pays. Au cœur de sa réflexion : la gouvernance publique, le poids du clientélisme, la gestion des ressources nationales et la nécessité d’un nouveau modèle de leadership capable de répondre aux ambitions de la Nation.

À travers une lecture critique des réalités congolaises, le sénateur appelle à une transformation structurelle de l’État, fondée sur la compétence, la responsabilité, la planification et la continuité des politiques publiques.

Cinq chiffres pour mesurer le coût du clientélisme

Dans cette deuxième partie, Jean Bamanisa Saïdi met en avant plusieurs indicateurs qu’il présente comme révélateurs des conséquences d’une gouvernance insuffisamment efficace.

Il évoque notamment les dépenses fiscales liées aux exonérations et régimes dérogatoires, qu’il considère comme un manque à gagner important pour l’État. Selon son analyse, une meilleure maîtrise de ces mécanismes permettrait de renforcer les capacités financières publiques et de mieux répondre aux besoins sociaux.

Le sénateur revient également sur la situation des entreprises du Portefeuille de l’État, estimant que ces structures stratégiques, qui devraient être des sources majeures de revenus, doivent retrouver leur rôle de moteurs économiques nationaux.

La question agricole occupe aussi une place centrale dans sa réflexion. Pour Jean Bamanisa Saïdi, la dépendance alimentaire de la RDC constitue un paradoxe au regard du potentiel agricole exceptionnel du pays. Il appelle à une politique durable permettant de valoriser les terres, soutenir les producteurs et renforcer la souveraineté alimentaire.

Il aborde également la question du retard de croissance chez les enfants ainsi que l’instabilité institutionnelle, deux facteurs qu’il considère comme des défis majeurs pour le développement humain et économique du pays.

Kinshasa : le défi d’une gouvernance urbaine durable

Dans son analyse, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi prend l’exemple de Kinshasa pour illustrer les difficultés liées à la planification et à la gestion des infrastructures.

Il estime que les projets publics doivent dépasser la logique des réalisations ponctuelles pour intégrer une vision globale prenant en compte l’entretien, le drainage, l’urbanisme et les besoins futurs d’une population en croissance constante.

Selon lui, l’efficacité de l’action publique doit être mesurée non seulement par les inaugurations, mais surtout par la durabilité des ouvrages et leur impact réel sur les citoyens.

L’Est de la RDC : restaurer l’autorité de l’État par une approche globale

Ancien gouverneur de la Province Orientale et de l’Ituri, Jean Bamanisa Saïdi consacre une partie importante de sa réflexion à la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

Il insiste sur la nécessité de restaurer une administration efficace, de renforcer la présence de l’État et d’accompagner la reconstruction par des investissements dans les infrastructures, l’emploi et le développement local.

Dans cette perspective, il présente le PLAN GÉNÉRATION EST-RDC 2050 comme une approche visant à inscrire la reconstruction de cette partie du pays dans une vision de long terme.

Ressources naturelles : défendre les intérêts stratégiques de la RDC

La gestion des ressources naturelles constitue également un axe majeur de cette tribune.

Le sénateur souligne l’importance d’un suivi rigoureux des accords liés aux ressources minières, pétrolières et énergétiques afin que ces richesses contribuent davantage au développement national.

Pour lui, la RDC doit adopter une stratégie économique équilibrée, capable d’attirer les investissements tout en protégeant les intérêts fondamentaux du peuple congolais.

Agriculture et habitat : deux secteurs au cœur de l’avenir national

Dans le domaine agricole, Jean Bamanisa Saïdi plaide pour une politique stable et cohérente, capable de transformer le potentiel agricole du pays en véritable moteur économique.

Il insiste sur la nécessité d’améliorer la qualité des intrants, l’accompagnement des producteurs, les infrastructures rurales et l’accès au financement.

Sur l’habitat, il alerte sur les conséquences d’une urbanisation rapide sans planification adaptée. Il appelle à une meilleure organisation foncière, à l’application des normes urbaines et à une vision anticipative pour les grandes villes congolaises.

Quatre profils indispensables pour transformer l’État

Dans sa tribune, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi distingue quatre profils complémentaires nécessaires à la conduite d’un État moderne :

– L’homme politique, capable de représenter les aspirations citoyennes et de construire une dynamique collective ;

– L’homme d’État, qui privilégie la vision à long terme et l’intérêt des générations futures ;

– Le technocrate, capable de traduire les décisions politiques en programmes efficaces et mesurables ;

– L’expert militaro-administratif, indispensable dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et la reconstruction institutionnelle.

Pour lui, la RDC doit réussir à réunir ces compétences autour d’un même objectif : bâtir un État plus efficace, plus responsable et plus proche des citoyens.

Un appel à un nouveau leadership national

En conclusion de cette deuxième partie de sa tribune, Jean Bamanisa Saïdi soutient que l’avenir de la RDC dépendra de la qualité des choix humains, institutionnels et politiques.

Son message repose sur une conviction centrale : les ressources naturelles du pays ne suffisent pas à garantir le développement ; elles doivent être accompagnées d’une gouvernance responsable, d’une expertise solide et d’une vision stratégique.

Une réflexion qui relance le débat national sur la gouvernance, la transformation de l’État et la construction d’un modèle de développement durable pour la République démocratique du Congo.

LB le sang Royal

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