VAE, référentiels métiers et professionnalisation : le ministère de la Formation professionnelle et le Club BTP & CMA veulent mieux valoriser les compétences acquises sur les chantiers
Kinshasa, 31 août 2026 — Le ministère de la Formation professionnelle et le Club BTP & CMA renforcent leur collaboration autour d’un enjeu majeur pour le développement de la République démocratique du Congo : la qualification et la reconnaissance des compétences des professionnels du bâtiment et des travaux publics.
Au cœur des échanges entre le ministre d’État, ministre de la Formation professionnelle, Me Marc Ekila Likombo, et le président du Club BTP & CMA, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi, figure la Validation des acquis de l’expérience (VAE), un dispositif destiné à permettre aux travailleurs de faire officiellement reconnaître les compétences acquises au cours de leur parcours professionnel.
Placer l’ouvrier au cœur de la politique de construction
Dans un pays engagé dans d’importants projets d’infrastructures, la qualité des ouvrages dépend aussi de la qualification de celles et ceux qui les réalisent.
C’est tout le sens de la démarche défendue par Jean Bamanisa Saïdi, pour qui les politiques publiques consacrées à l’urbanisme, aux infrastructures et aux travaux publics doivent nécessairement intégrer la question de la qualification de la main-d’œuvre.
«« On peut discuter de questions d’urbanisme, de construction, de travaux publics, mais ceux qui exécutent, ce sont les ouvriers », a-t-il souligné.»
Cette vision place le professionnel du chantier au centre d’une réflexion plus large sur la qualité des constructions, la sécurité et la compétitivité du secteur.
8 113 professionnels concernés par la VAE
Selon les données communiquées par le ministère, 8 113 professionnels sont déjà concernés par le processus de Validation des acquis de l’expérience.
L’objectif est de permettre à des travailleurs ayant développé une expertise pratique, parfois pendant plusieurs années, de soumettre leurs compétences à une évaluation et d’obtenir une reconnaissance officielle correspondant à leur expérience.
Le dispositif concerne notamment plusieurs métiers du BTP, dont l’électricité du bâtiment, et doit progressivement permettre de mieux structurer les parcours professionnels.
Une première phase de jurys avait été organisée en février 2026. Sa relance, avec l’implication du Club BTP & CMA, ouvre une nouvelle étape dans la mise en œuvre du processus.
Le Club BTP & CMA appelé à jouer un rôle d’expertise
À travers cette collaboration, le Club BTP & CMA doit apporter son expertise professionnelle au processus d’externalisation de la VAE pour les métiers relevant de son champ d’intervention.
Cette implication vise notamment à rapprocher l’évaluation des compétences des réalités du terrain.
Mais la crédibilité du dispositif passe également par la qualité des évaluateurs. Les échanges ont ainsi porté sur l’évaluation et la qualification des experts appelés à intervenir dans les jurys.
Pour Jean Bamanisa, la réussite de cette réforme nécessite une véritable complémentarité entre le ministère, ses services techniques et les organisations professionnelles.
«« C’est un grand travail, donc nous avons besoin les uns des autres », a-t-il déclaré.»
Des référentiels métiers pour mieux encadrer les compétences
Autre chantier important : la mise à disposition des référentiels métiers, annoncée pour le 31 août 2026.
Ces documents doivent servir de base commune pour identifier les activités, les tâches, les compétences et les connaissances nécessaires à l’exercice des différents métiers.
Ils constituent ainsi un outil essentiel pour l’évaluation des candidats à la VAE, mais également pour la conception et la standardisation des formations professionnelles.
Vers une meilleure adéquation entre formation et emploi
La coopération entre le ministère et le Club BTP & CMA ne se limite pas à la reconnaissance de l’expérience acquise.
Les deux parties travaillent également sur la standardisation des programmes de formation, notamment à travers les mécanismes d’incubation, afin de rapprocher davantage les formations dispensées des besoins réels des entreprises et des professionnels.
Cette approche répond à un double impératif : reconnaître les compétences déjà disponibles et préparer une main-d’œuvre mieux qualifiée pour les futurs projets d’infrastructures du pays.
Qualification et qualité des ouvrages : un même enjeu
Au-delà de l’aspect administratif, la VAE porte un enjeu stratégique pour le secteur de la construction.
Une main-d’œuvre mieux évaluée et mieux qualifiée peut contribuer à améliorer la qualité des ouvrages, réduire les risques liés aux mauvaises pratiques et renforcer le respect des normes techniques.
Pour Jean Bamanisa Saïdi, la professionnalisation des métiers du BTP doit donc être considérée comme un élément à part entière de la politique de développement des infrastructures en RDC.
Une coopération appelée à s’inscrire dans la durée
Le ministère de la Formation professionnelle entend inscrire cette dynamique dans la durée, avec l’appui des organisations professionnelles.
Le Club BTP & CMA, initiative d’ExpoBéton ASBL, se positionne ainsi comme un partenaire technique susceptible d’accompagner le ministère dans l’identification des compétences, l’évaluation des professionnels et la structuration des métiers du secteur.
Lors de cette rencontre, le ministre d’État Marc Ekila Likombo était notamment accompagné de l’Inspecteur général à la Formation professionnelle, Guylain Banga, ainsi que de plusieurs conseillers.
Un enjeu stratégique pour la RDC
La démarche engagée autour de la VAE traduit une évolution importante de la politique de formation professionnelle : reconnaître que l’apprentissage ne se fait pas uniquement dans les salles de classe, mais également sur les chantiers, dans les ateliers et au contact quotidien du métier.
Avec 8 113 professionnels déjà concernés, le défi consiste désormais à transformer cette expérience en qualifications officiellement reconnues et à construire un système d’évaluation suffisamment rigoureux pour garantir la valeur des certifications délivrées.
Pour le ministère de la Formation professionnelle et le Club BTP & CMA, l’ambition est claire : mieux qualifier ceux qui construisent la RDC pour contribuer à construire des infrastructures plus sûres, plus durables et plus conformes aux standards professionnels.
LB le sang Royal