Bas-Uélé : deux ans de gouvernance de Mike-David Mokeni, entre désenclavement, infrastructures et reconquête de l’action publique

BAS-UELE — GOUVERNANCE PROVINCIALE

Deux ans après son arrivée à la tête du Bas-Uélé, le gouverneur Mike-David Mokeni Amisi revendique un bilan marqué par le désenclavement, les infrastructures, la sécurité, l’énergie, la santé, le sport et le renforcement de l’administration provinciale. Présenté à la presse locale par son assistant en communication, Gustave Ekambu, ce bilan met également en avant une stratégie visant à accroître les recettes propres de la province afin de financer davantage de projets sur fonds provinciaux.

Une gouvernance placée sous le signe du désenclavement

À Buta, le message porté par le cabinet du gouverneur est clair : le désenclavement constitue l’un des principaux axes de l’action menée depuis deux ans.

Dans la capitale provinciale, plusieurs points critiques de la voirie urbaine ont été ciblés, notamment dans les secteurs proches de la rivière Guima et sur l’avenue Zéro, en direction de l’aéroport.

Sur la RN4, notamment entre Buta et Télé, des travaux d’entretien ont également été engagés pour améliorer la circulation sur cet axe stratégique.

Au-delà de Buta, l’exécutif provincial met en avant ses interventions sur l’axe Buta–Dulia–Bondo, ainsi que sur la RL6 entre Dulia et Aketi.

Le gouvernement provincial affirme par ailleurs avoir acquis plusieurs brigades d’engins sur fonds propres. Une nouvelle brigade est notamment opérationnelle à Aketi pour renforcer les travaux sur l’axe Aketi–Dulia.

RN25 : le plaidoyer pour relier davantage le Bas-Uélé

Le plaidoyer du gouverneur auprès des autorités nationales est également présenté comme ayant contribué à faire avancer le projet de réhabilitation de la RN25 entre Isiro et Titule, avec la perspective d’une progression vers Buta.

Dans la même dynamique, Mike-David Mokeni cherche à obtenir un appui technique de l’entreprise ORC, active sur la RN25, afin de soutenir les travaux engagés sur les axes Buta–Dulia–Bondo et Dulia–Aketi.

L’objectif est stratégique : améliorer la circulation des personnes et des marchandises, faciliter l’évacuation des productions agricoles et renforcer les échanges entre les territoires.

Buta franchit le cap de l’asphaltage

L’un des projets les plus emblématiques mis en avant par l’exécutif provincial est l’asphaltage de la voirie urbaine de Buta.

La capitale du Bas-Uélé n’ayant jusque-là jamais disposé d’un véritable réseau routier urbain asphalté, l’avancement de ce chantier est présenté comme une étape importante dans l’histoire des infrastructures de la ville.

Pour le gouvernement provincial, l’enjeu dépasse la simple amélioration du cadre urbain. Des routes praticables doivent permettre de réduire les difficultés de transport, faciliter les activités commerciales et agricoles et créer de meilleures conditions pour le développement économique local.

Le plaidoyer auprès du Bureau central de coordination (BCECO) est également cité parmi les démarches ayant abouti à la signature de contrats destinés à la réalisation de plusieurs infrastructures dans la province.

Santé : des investissements pour renforcer l’offre de soins

Dans le secteur sanitaire, le bilan présenté à Buta met notamment en avant la construction et l’équipement d’une structure destinée au dépôt de sang.

Des équipements médicaux évalués à plus de 100 000 dollars américains auraient été acquis et mis à la disposition de cette structure.

D’autres dotations et interventions ont également été réalisées au profit de structures sanitaires de la province.

À travers ces actions, l’exécutif provincial entend renforcer progressivement les capacités du système de santé et améliorer l’accès des populations aux services sociaux de base.

Ndoli : l’électricité au service de l’économie

L’énergie constitue un autre axe important de la stratégie provinciale.

Les travaux de la centrale photovoltaïque de Ndoli se poursuivent et plusieurs installations sont déjà réalisées.

Pour le gouvernement provincial, l’accès à l’électricité doit accompagner la transformation économique du Bas-Uélé. L’objectif est notamment de créer un environnement plus favorable aux petites entreprises, à la transformation des produits agricoles et au développement d’activités génératrices de revenus.

L’électricité est ainsi présentée non seulement comme un service essentiel, mais également comme un outil de production et de création d’emplois.

Des infrastructures administratives pour moderniser l’État provincial

La modernisation de l’administration figure également parmi les priorités affichées.

À Buta, la construction du nouveau bâtiment du gouvernorat provincial, annoncée en phase de finition, est présentée comme une première depuis la création du Bas-Uélé en tant que province.

La mairie de Buta fait, elle aussi, l’objet de travaux de réhabilitation annoncés à un stade avancé.

Pour l’exécutif provincial, ces infrastructures doivent améliorer les conditions de travail des agents publics et renforcer la visibilité ainsi que l’efficacité de l’administration.

Le sport comme investissement dans la jeunesse

Sur le terrain sportif, le passage de l’Étoile du Congo de Buta vers la Ligue 1 constitue l’un des faits marquants cités par Gustave Ekambu.

Après son parcours au niveau provincial, le club a franchi les différentes étapes de la compétition nationale jusqu’à accéder au plus haut niveau du football congolais.

Le gouvernement provincial présente cet accompagnement comme un investissement en faveur de la jeunesse et une manière de valoriser les talents issus du Bas-Uélé.

La construction annoncée d’un stade moderne à Buta, doté notamment d’une pelouse synthétique, complète cette ambition sportive.

Mines : vers une meilleure valorisation des ressources

Le secteur minier occupe également une place dans la stratégie économique présentée par le cabinet du gouverneur.

L’exécutif provincial affirme avoir engagé des réformes destinées à améliorer l’encadrement des activités minières, renforcer le contrôle et accroître la contribution des ressources naturelles au développement local.

La mise en œuvre de la Société Minière du Bas-Uélé (SOMIBU) s’inscrit dans cette volonté de structurer davantage le secteur et de mieux valoriser les ressources minières de la province.

L’ambition affichée est de faire du potentiel minier un levier de développement économique, tout en veillant au respect du cadre légal et des exigences environnementales.

Mobiliser davantage les recettes pour investir localement

Autre pilier du bilan : la mobilisation des recettes provinciales.

La redynamisation de la régie financière vise à accroître les ressources propres du Bas-Uélé et à donner à l’exécutif provincial davantage de moyens pour financer ses priorités.

L’acquisition de brigades d’engins destinées aux travaux routiers est présentée comme l’une des illustrations concrètes de cette politique.

Pour une province confrontée à d’importantes contraintes financières, l’amélioration des recettes propres apparaît comme un enjeu déterminant pour réduire la dépendance aux financements extérieurs et renforcer la capacité d’investissement de l’administration provinciale.

Sécurité : rapprocher l’État des populations

Sur le plan sécuritaire, le gouvernement provincial estime avoir contribué au maintien d’une situation relativement stable dans une grande partie du Bas-Uélé.

Des moyens de mobilité et des équipements ont notamment été attribués à la Police nationale congolaise. Le Fonds de réhabilitation, d’entretien et de développement des infrastructures, FARDEC, a également bénéficié de moyens de mobilité.

Le territoire d’Ango demeure toutefois considéré comme une zone nécessitant une attention particulière en raison de certaines poches d’insécurité.

Dans ce contexte, Mike-David Mokeni a fait le choix de se rendre lui-même dans plusieurs zones difficiles d’accès afin de renforcer la présence de l’autorité publique et de rassurer les populations.

Cinq territoires sur six déjà visités

La proximité avec les populations constitue l’un des marqueurs revendiqués par l’administration Mokeni.

Sur les six territoires que compte le Bas-Uélé, le gouverneur s’est déjà rendu dans cinq : Bondo, Aketi, Poko, Bambesa et Ango.

Cette politique d’itinérance vise à rapprocher l’administration provinciale des communautés et à permettre au gouverneur de constater directement les réalités locales.

À Poko, les échanges ont notamment porté sur la sécurité, les infrastructures et les besoins de développement.

À Bambesa, notamment à Dingila et dans les localités visitées, le gouverneur a abordé les mêmes préoccupations tout en encourageant les populations à s’organiser autour des coopératives agricoles afin d’améliorer la production, l’écoulement des récoltes et les revenus des producteurs.

Ango : atteindre les zones les plus enclavées

La tournée dans le territoire d’Ango a constitué un moment particulier de cette politique de proximité.

Mike-David Mokeni s’est rendu dans les chefferies d’Ezo et de Mopoy, jusqu’à des localités particulièrement difficiles d’accès.

Cette démarche traduit la volonté affichée par l’exécutif provincial de maintenir la présence de l’État jusque dans les zones les plus éloignées des centres administratifs.

Dans cette logique, des motos ont été remises aux chefs de groupement d’Ango afin d’améliorer leur mobilité et leur capacité à exercer leurs missions de proximité.

Le gouverneur a également lancé l’opération « Yeba voisin », destinée à encourager les habitants à signaler aux services compétents toute présence ou situation suspecte susceptible d’affecter la sécurité des communautés.

Deux ans après : des acquis, mais des défis encore considérables

Le bilan présenté par Gustave Ekambu ne prétend pas que toutes les difficultés du Bas-Uélé ont disparu.

Le désenclavement demeure un chantier immense. L’accès à l’électricité, le renforcement du système sanitaire, la sécurité, la modernisation des infrastructures publiques et la mobilisation des ressources financières restent des défis majeurs.

Mais au cours de ces deux premières années, plusieurs chantiers structurants ont été ouverts ou accélérés : routes, asphaltage de Buta, bâtiments administratifs, énergie, santé, sport, mines, recettes provinciales et sécurité.

Les trois prochaines années seront décisives

À l’issue de ces deux premières années, la gouvernance de Mike-David Mokeni se présente autour de trois grandes orientations : désenclaver la province, rapprocher l’État des populations et renforcer les capacités propres du Bas-Uélé.

Des routes de Buta à Bondo aux travaux liés à la RN25, de la centrale photovoltaïque de Ndoli aux infrastructures administratives, de l’accompagnement du football local aux déplacements du gouverneur dans les zones enclavées d’Ango, l’exécutif provincial veut donner l’image d’un Bas-Uélé progressivement engagé sur la voie du désenclavement et de la modernisation.

Le véritable test des trois prochaines années sera toutefois celui de la durabilité des résultats : achever les chantiers engagés, maintenir le rythme des investissements, renforcer les recettes propres et surtout transformer les infrastructures en véritables moteurs de croissance, d’emploi et d’amélioration des conditions de vie.

Deux ans après son arrivée à la tête de la province, le chantier reste donc immense. Mais pour l’exécutif provincial, une dynamique est désormais engagée : faire du désenclavement et de la proximité avec les populations les leviers d’une nouvelle étape du développement du Bas-Uélé.

LB le sang Royal

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