EXPOBÉTON 12 : KINSHASA FACE AU DÉFI DE LA PLANIFICATION URBAINE, DE L’EMPLOI ET DES INFRASTRUCTURES

À quelques jours de l’ouverture de la 12ᵉ édition d’ExpoBéton RDC, Jean Bamanisa, Thierry Katembwe Mbala et Israël Pyame ont, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, posé les principaux enjeux liés à l’avenir urbain de la capitale : planification, extension de la ville, infrastructures, foncier, formation professionnelle, emploi et transfert de compétences.

KINSHASA, 3 octobre 2026 — À quelques jours de l’ouverture officielle de la 12ᵉ édition d’ExpoBéton RDC, le débat sur l’avenir urbain de Kinshasa est déjà lancé.

Réunis vendredi 2 octobre à La Grande Résidence–Galerie La Fontaine, les organisateurs et partenaires du rendez-vous ont présenté les grandes lignes d’une édition qui entend dépasser la seule problématique de la construction pour interroger la manière dont les villes congolaises doivent être pensées, planifiées et développées.

Placée sous le thème « Kinshasa, locomotive de la transformation des villes de la RDC », la 12ᵉ édition se tiendra du 7 au 10 octobre 2026, à La Grande Résidence–Galerie La Fontaine. Le programme officiel prévoit notamment des échanges sur les infrastructures, la mobilité urbaine, l’aménagement du territoire, le foncier, l’énergie, les villes durables ainsi que le projet d’extension Kinshasa Kia Mona.

Derrière ce thème se pose une question essentielle : comment faire de Kinshasa une locomotive nationale alors que la capitale doit encore relever d’importants défis en matière de mobilité, d’habitat, d’assainissement, d’énergie, d’eau, d’occupation des sols et de respect des normes ?

Les interventions de Jean Bamanisa, Thierry Katembwe Mbala et Israël Pyame ont apporté trois éclairages complémentaires.

JEAN BAMANISA : « UNE LOCOMOTIVE DOIT ÊTRE SUR LES BONS RAILS »

Président du comité d’organisation d’ExpoBéton, Jean Bamanisa a placé la planification urbaine au cœur de son intervention.

Pour lui, Kinshasa peut jouer un rôle moteur dans la transformation des autres villes de la République démocratique du Congo, mais cette ambition passe d’abord par une meilleure organisation de son propre développement.

L’image de la locomotive résume son approche : une ville appelée à entraîner les autres doit elle-même être orientée sur les bons rails.

La question concerne notamment la conception des infrastructures.

Une route ne devrait plus être pensée comme un ouvrage isolé, mais comme un élément d’un système intégrant notamment le drainage, l’eau, l’électricité et les télécommunications.

Dans cette perspective, Jean Bamanisa a évoqué l’intérêt des galeries techniques, permettant de regrouper différents réseaux et d’éviter que des chaussées récemment construites soient régulièrement ouvertes pour installer ou réparer d’autres infrastructures.

Cette approche renvoie à une exigence plus large : concevoir aujourd’hui les infrastructures en tenant compte des besoins de demain.

La responsabilité concerne également l’ensemble de la chaîne de construction : architectes, ingénieurs, géomètres, promoteurs, investisseurs, administrations et citoyens.

Le respect des normes apparaît ainsi comme l’un des enjeux majeurs de l’urbanisation congolaise.

DES GRANDS CHANTIERS POUR FORMER LES COMPÉTENCES CONGOLAISES

Jean Bamanisa a également insisté sur une dimension souvent associée aux grands projets d’infrastructures : la formation.

Son approche consiste à faire des chantiers non seulement des espaces de production d’ouvrages, mais aussi des lieux de transmission des savoir-faire.

L’objectif est que les investissements réalisés dans les routes, les bâtiments et les infrastructures contribuent également au développement durable des compétences nationales.

Cette question prend une résonance particulière à l’heure où de nombreux projets urbains mobilisent des expertises nationales et internationales.

Le programme d’ExpoBéton réserve d’ailleurs une place importante aux compétences locales et aux perspectives offertes à la jeunesse dans le secteur de la construction.

KINSHASA KIA MONA : PLANIFIER AVANT D’OCCUPER

Cette réflexion rejoint directement le projet Kinshasa Kia Mona, présenté lors de la conférence par Thierry Katembwe Mbala, coordonnateur principal du Comité stratégique chargé de la supervision du Projet d’extension de la ville de Kinshasa.

L’idée défendue est claire : préparer l’espace urbain avant son occupation massive.

Pendant longtemps, l’expansion urbaine s’est souvent effectuée avec un décalage entre l’installation des populations et la mise en place des infrastructures.

Kinshasa Kia Mona entend inverser cette logique en organisant en amont les espaces destinés à l’habitat, aux activités économiques, aux infrastructures, à l’assainissement et aux équipements collectifs.

Le projet figure au programme officiel d’ExpoBéton, avec une présentation spécifique consacrée à la nouvelle ville, à la mobilité, aux infrastructures intelligentes et au cadre de vie.

Selon Thierry Katembwe, l’enjeu est notamment de permettre à la capitale d’anticiper sa croissance démographique et spatiale.

La nouvelle zone doit intégrer plusieurs dimensions : logement, énergie, assainissement, espaces verts, activités économiques et mobilité.

La connexion avec le reste de Kinshasa doit également reposer sur une approche multimodale, notamment à travers les infrastructures routières et ferroviaires.

LE FONCIER, UN ENJEU DÉCISIF

La réussite d’une telle planification dépend toutefois d’une condition fondamentale : la maîtrise du foncier.

Thierry Katembwe a reconnu que la question foncière avait constitué l’un des principaux obstacles rencontrés dans la mise en œuvre du projet.

L’enjeu consiste désormais à préserver les espaces destinés aux routes, aux équipements publics, aux zones économiques et aux espaces verts.

La sécurisation du foncier et le respect du zonage deviennent ainsi des conditions essentielles pour éviter que les espaces planifiés ne soient progressivement occupés à d’autres fins.

Cette problématique figure également parmi les thématiques annoncées par ExpoBéton, notamment autour de l’aménagement du territoire, de la gouvernance foncière et de la numérisation du cadastre.

DES MILLIARDS D’INVESTISSEMENTS, MAIS AUSSI DES EMPLOIS

Au-delà des infrastructures, Kinshasa Kia Mona soulève une autre question : quelle place pour les compétences et la main-d’œuvre congolaises dans les grands projets urbains ?

Le projet est publiquement associé à une estimation globale d’investissement d’environ 50 milliards de dollars, dans une logique faisant notamment intervenir des mécanismes de partenariat public-privé.

Mais au-delà des montants annoncés, la question de l’emploi apparaît comme un indicateur concret des retombées attendues.

Un premier signal a été donné le 26 septembre 2026, avec la mise à disposition de 200 jeunes professionnels formés et certifiés dans les métiers du Bâtiment et des Travaux publics au profit du projet Kinshasa Kia Mona.

Maçons, coffreurs, ferrailleurs, soudeurs, électriciens, mécaniciens, menuisiers-charpentiers, chauffeurs et conducteurs d’engins figurent notamment parmi les profils mobilisés.

Cette initiative illustre l’un des enjeux mis en avant autour du développement urbain : faire en sorte que les grands investissements contribuent également à renforcer durablement le capital humain congolais.

ISRAËL PYAME : LA CONSTRUCTION COMME ESPACE DE TRANSFERT DE SAVOIR-FAIRE

Troisième intervenant, Israël Pyame, Sales Team Manager et responsable communication de MCC Realty, a abordé la question sous l’angle du secteur immobilier et du transfert de compétences.

Il a expliqué que les équipes mobilisées sur certains projets réunissent différentes nationalités et expertises.

Cette diversité professionnelle est présentée comme un moyen de favoriser la complémentarité des compétences et la circulation des connaissances.

Pour les professionnels congolais, l’enjeu est notamment de pouvoir acquérir davantage d’expérience au contact d’autres expertises présentes sur les grands projets immobiliers et urbains.

Cette problématique rejoint directement l’un des axes d’ExpoBéton : faire du développement des infrastructures un espace de rencontre entre investisseurs, entreprises, experts et compétences locales.

EXPOBÉTON 12 : DU BÉTON À LA VISION DE LA VILLE

À travers les différentes interventions de cette conférence de presse, un même fil conducteur se dessine : le développement urbain ne peut plus être réduit à la construction de bâtiments et de routes.

Il implique une vision globale intégrant la planification territoriale, la mobilité, l’énergie, l’eau, l’assainissement, le foncier, le logement, les normes, les investissements, la formation et l’emploi.

C’est précisément l’ambition affichée par la 12ᵉ édition d’ExpoBéton RDC.

Le programme officiel prévoit notamment une journée d’ouverture consacrée aux infrastructures et à la mobilité urbaine, avec une présentation du projet Kia Mona et des grands projets d’infrastructures de Kinshasa.

Le salon entend ainsi réunir décideurs publics, investisseurs, professionnels du BTP, urbanistes, architectes, ingénieurs, promoteurs et partenaires autour des transformations nécessaires à l’échelle de la capitale et des autres villes congolaises.

KINSHASA, LABORATOIRE DE LA TRANSFORMATION URBAINE

À quelques jours de l’ouverture d’ExpoBéton 12, le débat est donc posé.

La capitale congolaise doit simultanément gérer son présent et préparer son avenir. Les difficultés actuelles en matière de mobilité, d’habitat, d’assainissement et d’occupation des sols constituent autant de défis, mais aussi des enseignements pour les villes appelées à connaître leur propre expansion.

Le pari de la planification consiste précisément à ne plus attendre que les villes soient entièrement occupées pour commencer à réfléchir à leurs infrastructures.

Prévoir avant de construire, aménager avant d’occuper, former avant de multiplier les chantiers et coordonner les infrastructures avant leur implantation : telles sont les grandes questions qui seront au cœur des échanges d’ExpoBéton 12.

Du 7 au 10 octobre 2026, Kinshasa accueillera ainsi un rendez-vous qui entend placer l’urbanisme, les infrastructures et la transformation des villes au centre du débat national.

Car derrière le béton, les routes, les immeubles et les nouvelles cités, l’enjeu est plus vaste : dessiner une ville capable d’anticiper sa croissance, d’organiser son territoire et de transformer ses grands projets en opportunités durables pour les Congolais.

ExpoBéton 12 ouvrira ses portes avec cette équation au centre des débats : comment construire aujourd’hui la ville congolaise de demain ?

LB le sang Royal

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *