La République démocratique du Congo amorce un tournant décisif dans sa gouvernance urbaine et territoriale.
Les récentes déclarations du ministre d’État aux Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, sur les antennes de RFI, annonçant la construction d’une cité parlementaire, d’un complexe administratif et d’une tour gouvernementale de 50 étages le long de la rocade sud de Kinshasa, marquent bien plus qu’un programme immobilier.
Elles traduisent l’entrée effective de la RDC dans une ère de planification urbaine structurante, longtemps défendue par ExpobetonRDC et portée au niveau institutionnel par le Sénateur Jean Bamanisa Saidi.
Ce qui relevait hier du plaidoyer du secteur privé et des urbanistes devient aujourd’hui une politique publique assumée au plus haut niveau de l’État.
De l’alerte à l’action : la consécration de la planification
Depuis plusieurs années, ExpobetonRDC, de Kinshasa à Matadi, n’a cessé d’alerter sur une réalité devenue incontournable :
« Kinshasa ne peut survivre sans villes nouvelles, sans rocades aménagées, sans pôles institutionnels décentralisés. »
Les recommandations formulées lors des différentes éditions étaient claires :
développer des cités structurées le long de la RN1 et de la rocade ;
créer des zones administratives, logistiques, résidentielles et de services ;
protéger les emprises publiques contre la spéculation foncière et l’urbanisation anarchique.
Les annonces gouvernementales actuelles reprennent fidèlement cette vision :
une cité parlementaire moderne ;
des logements pour les élus ;
un hôtel international ;
une cité administrative intégrée ;
un immeuble gouvernemental de grande hauteur, symbole d’un État organisé et projeté vers l’avenir.
La RDC quitte ainsi l’improvisation pour entrer dans une structuration spatiale assumée de l’État.
La rocade sud : d’infrastructure routière à colonne vertébrale métropolitaine
L’un des points forts de la vision aujourd’hui portée par le gouvernement réside dans la compréhension que la rocade sud ne doit pas être uniquement une route, mais l’ossature d’une métropole moderne, fonctionnelle et équilibrée.
Cette approche rejoint pleinement la question écrite adressée le 27 mai 2025 par le Sénateur Jean Bamanisa Saidi aux ministres sectoriels, appelant à :
la protection stricte de l’emprise foncière ;
la prévention du morcellement anarchique ;
l’élaboration d’un Plan Particulier d’Aménagement (PPA) ;
la définition rigoureuse des zones dédiées au :
logement,
à la santé,
à l’éducation,
à la logistique,
et aux équipements publics.
La décision d’implanter les grandes institutions de la République le long de la rocade constitue la réponse politique et technique la plus pertinente à ces préoccupations.
Elle sanctuarise l’espace, freine la spéculation foncière et impose une urbanisation planifiée.
Désengorgement de Kinshasa : une gouvernance spatiale crédible
Kinshasa fait face à une saturation chronique :
centre-ville congestionné, dispersion des ministères, conditions de travail inadaptées pour les institutions, embouteillages paralysants.
En engageant le transfert :
du Parlement ;
de ministères clés ;
et de plusieurs administrations centrales ;
vers une périphérie structurée par la rocade sud, le gouvernement pose un acte de gouvernance spatiale rationnelle et durable.
Cette approche rejoint le principe défendu par ExpobetonRDC :
« On ne décongestionne pas Kinshasa par des discours, mais par la création de pôles urbains nouveaux. »
Un financement national : fondement de la souveraineté territoriale
Autre signal fort envoyé par le ministre d’État John Banza Lunda :
40 % du budget national est aujourd’hui consacré aux infrastructures.
Ce choix stratégique traduit une volonté claire :
financer l’aménagement urbain sur ressources nationales ;
maîtriser les priorités ;
affirmer la souveraineté territoriale et institutionnelle de la RDC.
La planification n’est plus déléguée : elle est conçue, financée et pilotée par l’État congolais.
Quand l’État reconnaît l’expertise urbanistique
Au-delà des projets annoncés, ce tournant marque une reconnaissance fondamentale :
la ville ne peut plus être subie ;
le foncier doit être protégé ;
l’État doit occuper l’espace avant qu’il ne soit capté par des intérêts spéculatifs.
Le travail de fond mené par ExpobetonRDC, soutenu institutionnellement par le Sénateur Jean Bamanisa Saidi, trouve ainsi une traduction politique concrète.
Encourager l’action, maintenir la vigilance
Il convient de saluer l’ambition gouvernementale et l’engagement du ministre d’État John Banza Lunda.
Mais la réussite de ce projet structurant dépendra de la capacité à :
appliquer rigoureusement les Plans Particuliers d’Aménagement (PPA) ;
garantir la protection effective des emprises foncières ;
assurer une exécution cohérente, transparente et durable.
La véritable réussite sera celle-ci :
que la rocade sud de Kinshasa ne devienne pas une nouvelle zone de désordre urbain,
mais le cœur planifié, institutionnel et moderne de la Kinshasa de demain.
Lb le sang Royal